22.06.2006
" Prisonniers " est enfin publié...
N°ISBN : 2-7481-5360-X
Pour commander (fichier PDF ou version papier)
http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp...
Fiche auteur
23:55 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.12.2005
Prisonniers - Texte intégral enfin disponible
Voilà, enfin, j'ai pu publier "Prisonniers", mon roman noir sur le net, la mise en page n'est pas géniale, mais c'est un début, améliorations à faire, évidemment.
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre3256.html
Pour ceux qui découvrent mon blog, lisez bien l'article "à Propos de Prisonniers" avant de lire le texte intégral, c'est un roman supra-noir, ceci dit c'est un roman ! s'il peut réveiller des consciences, tant mieux, sinon cela reste de la pure fiction.
Ce qui est assez encourageant c'est qu'il fait partie de la "Sélection du prix Alexandrie 2006", Alexandrie est un site pour promouvoir les nouveaux auteurs. Vous pouvez vous inscrire gratuitement et voter pour mon ouvrage (http://www.alexandrie.org/article.php?sid=129&mode=tr...)
22:30 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.09.2005
Prisonniers-Extraits de mon premier roman
Quelques extraits du premier roman "Prisonniers"
" Chapitre 1- La chambre
Sortir de cet état de torpeur, à tout prix. Je dois en sortir. Que faire sinon en sortir ? Cela fait tellement longtemps que je vis dans le brouillard. C’est un épais brouillard qui a fini par me faire peur. J’ai peur depuis si longtemps. Et pourtant cette nonchalance s’accroche encore à moi, cette coriace. Une fois, j’en suis sorti. J’ai vu des gens du monde extérieur. J’ai revu toutes ces têtes. Et puis plus rien. Je ne me rappelle plus de rien. Tout cela semble si loin. Avec le temps les souvenirs s’effacent, même les plus marquants. Cette torpeur, je ne sais même plus quand elle s’est emparée de moi. Depuis quand est-elle là ? Je ne sais plus. Tout est si loin. Tout est si brumeux. Je n’y vois même pas mon avenir. Avant j’avais encore des souvenirs de mon passé. Puis un jour ils ont disparu, volatilisés dans le brouillard. Je n’ai plus aucune image de mon enfance ni de ma jeunesse. Peut-être bien que j’aie eu une enfance et une jeunesse comme tout le monde. Peut-être que je n’en ai même pas eues. J’ignore tout ça. Je ne sais plus. Cela fait si longtemps que je ne sais plus rien. Plus rien. Rien que cette torpeur et cette brume permanente. Il y a aussi cette fatigue. Cette fatigue est terrassante. Elle commence par le bout des doigts et par le talon. Elle remonte, petit à petit, jusqu’au bout des cheveux. Parfois, elle m’énerve. Mais le plus souvent est que je n’ai même pas la force de m’énerver. Parfois je me dis que cette fatigue vaut mieux que d’être envahi de torpeur. Je veux sortir de cette passivité. C’est un vide si envahissant. Ca gagne doucement. Au début c’est seulement un quart d’heure par jour. Puis ça finit par prendre toute une journée. Et puis tout un mois. Et à la fin le vide remplit entièrement l’existence. Et après on ne s’en défait plus. Le vide est tellement dense qu’on ne s’en aperçoit plus. On ne sait même pas qu’on est dedans. Il n’y a pas d’indice. Tout est devenu vide. Même mes paroles sont vides. Elles sonnent creux comme le son du tambour. On imagine qu’il n’y a rien à l’intérieur. Dedans c’est le vide. Vide. Vide. Vide. Rien. Parfois il m’arrive de voir certaines images. Par exemple, j’ai vu mon cerveau. C’était juste une surface plane, d’un calme plat. Assez liquide, sans remous et avec une brume épaisse à la surface. Mon cerveau était comme ça. C’était comme une immense flaque d’eau sale des pays nordiques. On sentait qu’au fond il ne pouvait y avoir que de la boue, quelques déchets aussi peut-être, mais la flaque est si opaque qu’on ne peut jamais y voir le fond pour dire ce qu’il s’y trouve. Je me demande même s’il existe un fond. L’eau est tellement boueuse. J’ai pourtant fait un immense effort pour voir ce qu’il y avait dedans, pour chercher une quelconque présence vivante, mais rien. Je n’ai rien pu voir. Rien que cette eau opaque, calme, morte. Et puis j’ai abandonné. Je n’ai plus cherché à voir, à savoir. Cette triste image de mon cerveau revient quelquefois. Au début ça m’a étonné. Est-ce qu’un cerveau ressemble vraiment à ça ? Est-ce que tous les autres cerveaux ressemblent à ça ? Et par la suite je m’y suis habitué. Je ne me suis plus posé de question à savoir si l’image de mon cerveau était vraiment celle-là et pas une autre ......"
22:45 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Prisonniers-Chapitre 2
La suite, le début du chapitre 2
" Deux hommes sont assis dans deux fauteuils de part et d’autre d’un couloir, à proximité d’une porte. Le couloir est blanc, les murs, le plafond ainsi que le sol sont blancs. Il y a un tas de lampes néon au plafond. Ce qui donne une lumière blanche, blafarde, cependant éblouissante et froide. C’est d’ailleurs la caractéristique de ces lampes néon. Elles donnent une lumière froide. Cette lumière blanche inonde tout le couloir vide. Au bout du couloir, il y a un autre couloir, qui mène, lui, à d’autres couloirs encore, aussi blancs, aussi vides et aussi froids. Les deux hommes sont tout d’abord silencieux. Puis, de temps à autre, ils s’adressent des phrases sèches, parfois courtes, parfois plus longues, mais toujours aussi sèches et laconiques.
- Et ton chien ? Dit le moustachu après un long silence.
- Toujours aussi malade. Je crois qu’il va crever un de ces quatre. Répond l’autre, celui à la figure large et cramoisie.
Silence.
- Qu’est-ce que tu vas faire ?
- Rien, j’attends.
Silence.
- Je vais lui réserver une place au cimetière canin, dit le cramoisi.
- Ah, il ne reste plus beaucoup de place. Des tas de cleps crèvent ces temps derniers. Tu devrais le faire incinérer.
- Non, je crois qu’il n’aimerait pas ça.
Puis ayant assez parlé du chien, ils gardent le silence. Le moustachu sort de sa poche un paquet de cigarettes. Il en prend une. Il l’allume et en tire une longue bouffée. Le cramoisi baisse la tête. Puis il regarde la fumée de la cigarette du moustachu qui s’élève lentement.
- Je n’ai plus de cigarette, lance-t-il.
L’autre, silencieusement, lui tend le paquet. Le cramoisi en prend une qu’il met dans sa poche et une autre qu’il met à sa bouche. Après ça, il rend le paquet à son compagnon. Il allume sa cigarette et en tire aussi une longue bouffée. Ensuite, il regarde fixement la fumée qui s’élève, sans prononcer un seul mot.
......................."
22:40 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Prisonniers-Chapitre 3
Troisième et dernier chapitre- attention la fin est supra-noire
".............J’ai tellement envie de m’en sortir, de me libérer enfin de ce cri intérieur persistant qui me déchire, de ce vide qui me remplit, de cette torpeur qui m’abrutit d’heure en heure, mais je n’y arrive pas. Ils me retiennent prisonnier entre leurs griffes trop longues, leurs tentacules trop tenaces, leurs barreaux trop solides. Je ne pourrais peut-être jamais m’en libérer, à moins d’en terminer avec eux en mettant fin à tout, à ma vie, à ma souffrance, à mon calvaire. Ils mourront avec moi, pour m’accompagner jusque dans la tombe, dans le silence et l’obscurité. On fêtera ensemble, tous les quatre, moi, mon cri intérieur, mon vide et ma torpeur, la libération finale de ce long périple de luttes et de défaites récurrentes qu’a été ma vie. Peut-être bien que je suis devenu trop vieux et trop fatigué pour continuer à lutter contre eux, mais toujours en leur compagnie, pour continuer à essayer de leur tenir tête sans jamais y réussir, pour continuer à assumer mes défaites répétées pour me retrouver à chaque fois sur la paille, comme de coutume, je suis je devenu trop vieux, trop rongé, trop déchiqueté par eux justement, je ne sens plus la force de continuer ce périple qui me semble tellement interminable et sans finalité, sans but. Je n’ai plus la force de lutter, je n’ai plus le courage de continuer.......................
Que je sois ici, coincé sur cette saloperie de chaise en bois, dans cette chambre merdique salement claire ou que je sois dehors en train d’errer, de déambuler dehors dans ces dédales de couloirs blancs, froids et vides, ce sera de toute façon la même chose. Je crois que je serai toujours prisonnier de cette même détresse, cette même angoisse, ces mêmes cris intérieurs qui sortiront du plus profond de mon Moi sans que je puisse avoir aucune emprise sur eux, de ce même vide grandissant, de cette même torpeur mentale qui me ramollira de jour en jour, car rien ne changera pour moi, ni moi ne changerai totalement pour eux. Je resterai toujours le même, eux ils resteront toujours fidèles à eux-mêmes, toujours aussi envahissants, toujours aussi transperçants, toujours aussi imprégnants. Que je sois ici ou dehors ou ailleurs encore, je serai toujours prisonnier. Prisonnier d’eux, prisonnier de moi-même. Nos sommes faits pour vivre ensemble, nous sommes liés par des liens invisibles mais tellement solides qui ne pourront jamais être rompus. À force de m’envahir, de me transpercer, de me déchirer, de m’engloutir et de m’engourdir, ils, les cris intérieurs, le vide et la torpeur, ont fini par devenir partie intégrante de mon cerveau, de mon esprit, de ma conscience, de mon inconscient et de mon subconscient. Ils sont devenus moi. Mon Moi tout entier est désormais ou alors depuis toujours, formé de cris stridents, de vide et de torpeur. Je n’en avais juste pas conscience de leur existence, je n’avais tout simplement pas été assez clairvoyant pour voir qu’en fait, ils ne m’envahissent pas, mais que moi, c’est eux, et ils sont en moi. Ils sont moi. Nous n’en faisons plus qu’un seul. Un ensemble unique et indissociable. Je ne m’en apercevais pas, c’est tout. Mais maintenant que j’en ai conscience, comment me débarrasser de ce Moi, de tous ces éléments ignobles qui constituent mon essence même ? Me libérer cette prison intérieure que je me suis moi-même construit, jour après jour, de cette prison dont j’ai été le principal instigateur, celui qui a lui-même forgé les barreaux tellement solides qu’il lui est désormais impossible de les briser. Je ne vois rien d’autre à faire que de me libérer de ma vie tout simplement. Pour sortir de ce dédale psychique, de ce labyrinthe mental, de cette prison existentielle. Je ne vois plus qu’une solution, celle qui est la plus logique, la plus réalisable, la plus intelligente, pour me sortir de là, c’est d’en finir. Oui, c’est cela même, je dois en finir avec toutes ces conneries qui ont jalonné ma vie, qui comme des briques sont venue s’empiler les unes sur les autres afin de constituer ces quatre murs de ma prison intérieure. Et je n’ai pas été assez intelligent pour me ménager une porte de sortie. Je me retrouve prisonnier de mon propre être, de mon propre moi. Pour me sortir de tout ça, rien de plus facile, fermer les yeux et se laisser partir doucement, lentement, s’éteindre comme une lampe à l’huile qui n’a plus d’huile. M’en aller à travers les champs fleuris de la solitude, me laisser atteindre par l’obscurité, que cela doit être reposant après cette lumière immensément agressive de cette maudite chambre. Éteindre toutes les lumières qui peuvent alimenter la conscience, qui blessent, qui engendrent les cris stridents, le vide et la torpeur, toujours eux. Être libre, enfin, léger comme un souffle, comme une ombre qui plane. Rien de plus délicieux, rien de plus savoureux que de retrouver sa liberté ou plutôt de découvrir la liberté tant convoitée de l’esprit, de l’âme. Se libérer des cris, du vide, de la torpeur. Être libre. Enfin. Fermons les yeux. Faire ses derniers adieux au monde. Planer au-dessus des ombres, des angoisses, des détresses qui ont constitué ma vie. Dire adieu à tout ça. Faire fi de tous ces cris intérieurs. Rire au nez du vide. Me moquer de la torpeur. Partir en paix. Retrouver la paix. Sentir cette extraordinaire sensation de légèreté. M’envoler vers l’infini. Mourir enfin. Être libre."
22:35 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
à propos de "Prisonniers"
"Prisonniers" est un remède pour sortir de son monde intérieur, noir comme l’ébène, profond comme un gouffre où on n’entrevoit jamais un filet de lumière. L’univers sombre et fantasmagorique d’êtres perdus, envahis de torpeurs, de vide et d’absurdités, prisonniers de leurs propres univers intérieurs, une prison virtuelle dont ils ont eux-mêmes forgé les barreaux, construit les murs. Une vision sombre et quelque peu fantastique de notre monde, notre vie, notre Moi, mais peut-être pas si irréelle qu’on pourrait le croire.
quelques critiques des lecteurs que j'ai eues qui résument assez bien l'esprit du livre :
"Attention, ce texte n’est pas à mettre entre toutes les mains ! Dépressifs neurasthéniques à tendances suicidaires s’abstenir ! Mon Dieu que de noirceur ! de défaitisme !
Bon, en même temps, c’est bien raconté. Il y a aussi quelques répétitions de trop (à mon avis), même si j’ai bien compris que c’était un élément crucial de la construction mise en place par l’auteur. Les pensées tournent et retournent sur elles-mêmes, ce qui implique qu’elles se mordent la queue de temps en temps.
Mais outre ça, le ton est bien tenu sur la longueur du texte. La construction très lourde avec de très longs monologues internes, de très longs paragraphes et seulement trois chapitres pour un peu plus de 200 pages, le tout associé à ce ton que je dirais plus ou moins inspiré du Spleen, amènent le lecteur dans une sorte de mélancolie tournant rapidement à la langueur. Il y a en même temps une réflexion sur la condition humaine, sur la Société que nous formons ou qui peut-être a finalement pris le dessus et nous impose Sa loi.
Il y a toutefois un manque effrayant dans ce roman : il n’y a pas d’amour. Nulle part. A peine de la compassion. C’est réellement dérangeant, mais sûrement volontaire.
Pour finir, j’ai bien aimé l’utilisation d’images pour illustrer les éléments forts du livre, images sombres, évidemment, mais qui aèrent le texte. Je ne sais si elles sont de Nuax OV ou si elle les a choisies parmi des œuvres d’autrui (il faudrait peut-être l'indiquer quelque part), mais elles correspondent vraiment bien au texte et lui confèrent même une certaine beauté noire et macabre. " - Lecteur : detroiter
" Etonnant ! A ne conseiller ni aux asthéniques, ni aux dépressifs. Avec cela, un côté kafkaïen qui sous-tend l'hypothèse d'un cauchemar en dépit des allusions à un régime totalitaire qui parsèment le chapitre II. Mais le gardien Albert, qui ne se pose pas de questions, n'est-il pas, en un sens, aussi prisonnier que celui qu'il garde depuis vingt ans ? ... Toute la question est là et c'est une question désespérée." - Lecteur : Woland
21:20 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



















